IMAGINATIONS CONCERNANT NATACHA

Que fait ma main dans ta culotte ? Elle cherche à te comprendre.

Il attend dans la nuit
Que se règlent les combats
de chats
Qui griffent et miaulent et filent comme des balles
Après s’être disputé les faveurs attachantes de
Natacha

Ses parents auraient très bien pu faire les malins
Et l’appeler Natachien
Mais ils ont eu la bonne idée de ne pas faire les rats
Et ils l’ont appelée
Natacha

Au carrefour des deux routes je me tourne vers la gauche
Et je vois Natacha
J’oblique à droite et juste après cent mètres je vois
Natacha
Alors je fais marche arrière et… merde, t’es encore là ?
Natacha ?
Il n’y a qu’une solution pour me sortir de là !
Il faut que je ferme les yeux pour ne plus voir partout
Natacha !
Alors je ferme les yeux la bouche les oreilles et tout et tout et tout
Et dans le silence, le calme et la tranquillité qui se font en moi
Je ne sais plus rien, je ne sens plus rien, je ne vois plus rien
Que toi
Natacha.

AVANT MEME QUE JE TE BRANCHE,

Le gars, à l’inconnue :
Ecoute, chérie,
je tiens à te le dire tout de suite,
avant même que je te branche,
avant même que je te propose les yeux dans les yeux de sortir boire un verre,
avant même que je te sorte adroitement mes trucs de drague les plus pourris récupérés sur Internet,
avant même de découvrir en toi quelqu’un de beaucoup plus complexe que ce que j’avais cru,
avant même que j’arrive chez toi un peu bourré une demi-heure après l’heure exacte de notre rendez-vous,
avant même que tu me jettes,
avant même que je t’envoie mon premier baiser ironique à la gueule au soir de notre première vraie dispute entre chacals
avant même que tu tombes amoureuse de quelqu’un de beaucoup plus complexe que ce que tu avais cru,
avant même que je te fasse découvrir ma façon sensualo-audacieuse et de toute façon trippante de te lécher le cul et la chatte, les seins les joues la nuque et les aisselles,
avant même que tu gémisses mon nom de bâtard et que je me bloque et que je me reprenne et que je t’entende à nouveau gémir mon prénom de bâtard
avant de te rejoindre au matin sous la douche et de te faire jouir une fois avec la main une fois avec la bite et de me casser la gueule contre le rideau,
avant que tu veuilles me présenter à tes parents et avant que je te serve de soutien moral dans tes projets professionnels y compris contre mes intérêts à moi,
avant même que je t’explique en long en large et en travers que l’amour ça dure que trois mois et que le couple c’est qu’un cadavre chrétien et que de toutes façons je préfère l’amour à trois,
avant mon deuxième achat de mouchoirs pour tes putains de larmes amères,
avant même que je devienne vraiment accro de toi et con au point de perdre ma dignité plus souvent qu’à mon tour,
avant même que tu me dises par lettre et par téléphone et par mail et par sms et même en live qu’avant moi c’était vraiment pas pareil et que depuis moi c’est plus vraiment comme avant
avant même que tu me saoules chroniquement avec ton refus de t’intéresser à la sociologie critique d’inspiration marxiste,
avant que je commence à manquer à ton chat quand je suis pas là,
avant nos premiers six mois et notre première séparation,
avant même la dernière fois qu’on se verra
(toi pensant que je suis un connard, moi pensant que, pouffiasse, t’as vraiment rien dans le crâne) -
Avant même qu’on refuse tous les deux de s’expliquer sur tout ça avec de la poussière et des bactéries partout dans nos yeux

Avant tout ça,
Alors que tu me regardes ainsi intriguée par ma manière tellement intelligente et raffinée de t’aborder,
mon ange, écoute-moi bien, j’ai quelque chose à te dire :

J’te quitte.

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NOCH BEVOR ICH DICH ANMACHE
Der Typ zur Unbekannten:
Hör mal, Schätzchen,
das will ich dir gleich sagen,
noch bevor ich dich anmache,
noch bevor ich dir vorschlage - schau mir in die Augen - etwas trinken zu gehen,
noch bevor ich geschickt die billigsten Anmachertricks aus dem Internet auspacke,
noch bevor ich in dir einen Menschen entdeckte, viel komplexer als ich dachte,
noch bevor ich zu dir kam ein bisschen breit eine halbe Stunde nach der verabredeten Zeit
noch bevor du mich rausgeschmissen hast
noch bevor ich dir meinen ersten ironischen Kuss zuwarf am Abend unseres ersten richtigen Raubtierstreits
noch bevor du dich in irgend jemanden noch viel komplexeren verliebst als du dachtest
noch bevor ich dir meine soft-harte auf jeden Fall Hammer Art ausfahre, wie ich dir Arsch und Muschi lecke, Brüste, Wangen, Nackenmuskeln, Achselhöhen
noch bevor du meinen Bastardennamen stöhnst und ich erstarre und weiter mache und dich wieder
meinen Bastardennamen stöhnen höre
bevor ich am Morgen zu dir in die Dusche trete und dich einmal von Hand und einmal von Schwanz zum Höhepunkt bringe und dann
durch den Vorhang stürze auf die Kacheln
bevor du mich deinen Eltern vorstellen willst und bevor ich dir den Coach mache für deine beruflichen Projekte auch
gegen meine eigenen Interessen
noch bevor ich dir des Langen und Breiten und Queren erkläre, dass eine Liebe nur drei Monate hält und ein Paar nur
ein christlicher Leichnam ist und dass ich jedenfalls eher für einen Dreier bin
noch bevor ich zum zweiten Mal Taschentücher kaufte für deine verdammten bitteren Tränen
noch bevor ich dir total verfiel und verdummte sodass ich meine Würde öfter verlor als damals, allein
noch bevor du mir schriftlich und telefonisch und per Mail und SMS und sogar live erklärtest, dass es vor mir überhaupt nicht dasselbe gewesen sei und
seit mir überhaupt nicht mehr so wie vorher
noch bevor du mich chronisch zudröhnst mit deiner Weigerung, dich für die kritische Soziologie marxistischer Prägung interessieren zu wollen
noch bevor mir deine Muschi zu fehlen beginnt, wenn ich mal nicht da bin
noch vor unseren ersten sechs Monaten und unserer ersten Trennung
noch vor dem letzten Mal, als wir uns sahen
(wobei du dachtest, was für ein Arsch, und ich, dass du Schnepfe auch nicht gerade helle bist) -
Noch bevor wir uns beide weigern, all das zu klären mit staubverklebten und bakterienverseuchten Augen
Noch bevor all das geschah
Während du mich so verwirrt anschaust wegen meiner schlauen und raffinierten Art dich zu bequasseln
hör gut zu, mein Engel, ich hab dir was zu sagen:
Ich verlass dich.

QUAND J’ECRIS SUR L’ECRITURE

(Nota : ce poème est à lire en hurlant)

Moi quand j’écris sur l’écriture
C’est clair, je rate aucune rature
C’est un rite jusque tard c’est sûr, et dur
Comme de sortir vivant d’un accident d’voiture
Moi quand j’écris sur l’écriture

L’écriture m’aime moi c’est dans sa nature
Elle m’adore et me donne des petits noms du genre enflure
Crevard, crétin, salaud, niais, nul, ordure
Elle me trouve terriblement classe, cool et pur
L’écriture m’aime moi c’est dans sa nature

Et moi aussi je l’aime quand je fends son armure
Quand je la chope par le cou et la donne en pâture
A mes lions policiers qui la suivent en filature
Et la coincent sans pitié contre le dernier mur
Oui j’aime la dévorer quand j’ai défoncé son armure

J’aime la laisser dévastée sur le sol froid et dur
La laisser étouffer et claquer son ossature obscure
L’attraper par le col arracher sa chevelure
En appelant au secours la chienne de grande culture
Sans passer par la télé télé télé littérature
J’aime la laisser dévastée sur le sol froid et dur

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WENN ICH ÜBERS SCHREIBEN SCHREIBE
Wenn ich übers Schreiben schreibe
Lass ich natürlich keine Streichung bleiben
Was mich meist bis spät nachts wach sein
lässt als müsst ich mich aus einem Unfall befrein
Wenn ich übers Schreiben schreibe

Hüllt mich das Schreiben wie in Watte ein
Es liebt mich gibt mir Kosenamen wie klein
Weichei, Wichser, Wicht, Niemand oder Schwein
Es findet mich richtig fett und cool und fein
Das Schreiben umfängt mich wie der Wein

Wie auch ich es umfange und dann reiß ich es ein
Ich pack es beim Schopf und lass es in Scheiben
Schneiden durch meine leibeigenen Polizeigen-
ossen, die es gnadenlos gegen die Wand treiben
Ja, ich will es mir einverleiben und reiß es ein

Bis ich sein Weinen steigen seh und wie es leiden
Muss dann lass ich es kalt am harten Boden liegen
Wo es zittert und mit seinen dünnen Knochen feige
Klappert dass ich es am Schopf packe und in Scheiben
Schneide während es die große Literatur zum Zeugen
Anruft und sich auch Literatursendungen nicht verweigern
Will soll es nur kalt am harten Boden liegen bleiben

LITANIE DE L’ESPOIR

La guerre mondiale au Pérou,
cette drôle de plante nommée le houx,
la honte, la plainte, les marabouts,
les mots qui osent rimer avec chou
Ces hiboux pas très doux qui me clouent les genoux sur des cailloux

La peur, le viol, et la folie
La gerbe, l’alcool, la triple sodomie
La drogue, le speed, la c, l’acide, la beuh, le shit
Vivaldi, Lou Reed, Scarlatti, Pink Martini, le gabber, le jazz, le chant inuit
La spiruline, le merlan frit, la bouffe indienne, les spaghettis, les chips

Le renard enfumé, dans sa tanière,
Tirer sa révérence avec quelque manière,
la longue route qui conduit d’aujourd’hui à demain par hier
Pendant qu’éclate la mousse de ma soixantième bière
beau temps sur la région qui compte marseille, toulon, hyères.

Une après-midi dans le noir,
le cursus pour devenir prof d'histoire,
les abeilles et leur façon de boire,
trois cent mouchoirs tout noirs brodés dans une armoire
Le dispositif artistique comme arme blanche contre la mort

La vaisselle qui attend le bus dans l’évier
Les cheveux noir de jais des blondes châtain aux yeux frisés
Les plis chaotiques que font les chemises après avoir été lavées
Le souvenir déjà lointain de lectures bien référencées
Les romans que je dois écrire, qui me sortent de la tête sans y être rentrés
La volonté de se dépasser soi-même, après parfois il faut s’attendre pour se retrouver

La paroxétine et les effets secondaires
La plus forte consommation mondiale d’anti-dépresseurs
L’appendicite, l’abcès à l’appendice, les maux de ventre pendant des heures
La timeline en flash, le code html, et les plantages de Dreamweaver
L’espoir que j’ai d’un avenir meilleur
Le fait que je rajoute quelques pâtes dans mon beurre

Le rebord de la fenêtre, le trottoir, la rue, le trottoir, le rebord de la fenêtre
La fenêtre de la voisine d’en face, les volets perpétuellement fermés de l’appartement d’â côté, la nudité fugace de la voisine d’en face, la gêne de la voisine d’en face quand elle s’en aperçoit
Le choc de découvrir le chocolat,
Le seul billet neutre de toute la tombola,
Ma voix que j’ai passée à tabac,
La colère, le dégoût, la Shoah et Gaza
La robe qui danse toute seule avec ses falbalas
etc etc etc.

La fausse cordialité qui ne sera jamais qu’une fausse cordialité
Le fait que tout cela ne veuille rien dire de spécial
La révolution commerciale toutes les secondes et les produits qui sont plus forts que moi
La poussière qui tombe de partout en même temps
Le souvenir des guerriers kistch qui traversent la télé éteinte, au grand galop
Le sommeil qui monte en moi pendant que je pense à combien je n’aime pas le sommeil
La gorge qui me serre et m’étouffe
Le trajet de retour jusqu’à chez moi,
Le trajet de retour jusqu’à chez moi,
Le trajet de retour jusqu’à chez moi,
Le trajet de retour jusqu’à chez moi.

Le ruban que tu enfiles avec mes mots
La soif de pouvoir qui te tient dans un parc
La cave entièrement détruite
Parc glissant lentement vers la mort dans une cuve
Le costume que je souille jour après jour
L’ambassade qui me reçoit à la frontière entre un parc et un banc
La mélancolie qui me tient
La mélancolie qui me tient
L’Amérique et le projet de la renouveler sans cesse
La beauté des villes vues de l’espace vues sur une photo sur un écran
L’amitié
Le bruit du vent dans les arbres
Le bruit des arbres dans le vent
Le bruit des avions dans le ciel
Le bruit de la mer dans les avions
Le bruit de la mer dans le ciel
Le bruit des choses qui s’interpénètrent
Ma solitude qui ne pénètre rien
La solitude des femmes à qui je manque et qui s’ennuient, et qui s’amusent, et qui rient, sans moi
Le sourire d’une statue qui me fascine
Les petites portes de la cave qui s’ouvrent sur les gravats, les ruines,
Les bruits de pelle
Les mouvements d’errance dans cette grande ville déserte, surpeuplée, vaste, et remplie de débris
Est-ce qu’un bar est à moitié vide quand il est rempli de gens moitié pleins ?
J’étais moi-même un débris moitié plein, à réfléchir à la contenance, à la contenance.

Il y a toujours des choses à faire
Il y a parfois des jours amers
Il y a pas mal de monde sur terre
Pas mal de monde aussi sous terre
Pendant que j’attends que meure ma mère .

HISTOIRE HISTOIRE DE MES DE MES MOTS…

Histoire hist hist
Histoire de cette femme histoire de
Histoire de voir histoire de savoir histoire de de de
Histoire de pas vraiment couler
Histoire de mes rangaines
Histoire de savoir pourquoi
Pourquoi j’te plais
Pourquoi j’te plais pas
Histoire de Sabrina
Histoire de toi
Histoire des fragiles et fracassants frissons qu’on enfouit au fond d’soi
Histoire, histoire, putain, l’histoire de ça
Histoire de la soif au début de la fin
Histoire de tes joues collées à mes mains
Histoire de mon œil qui coule jusqu’à mon doigt
Histoire d’A histoire d’O histoire un peu crado
Histoire sucrée salie qu’on ne peut pas taire seulement avec les mots

Les mots dits les mots doux les mots douteux de des mots des mobiles des marmots immobiles
les mots tendres, les mots pour t’attendre qui te piègent sans vraiment, sans vraiment atteindre ton siège
Allô allô les mots d’a les mots d’a les mots d’eau les auxiliaires modaux et les avoirs des êtres
Les mots d’art les mots d’art triste les mots d’air les mots les airs modérés mais les moments d’âme morte et mortifiée de quand l’amour est dans la mire du fait d’en avoir vraiment marre
Les grands mots les petits mots
Les mots magiques
Les mots doux les mots dits les maudits mots dits trop vite qui nous macèrent dans la marmite,
Les mollets les oeufs mollets les yeux mal mis qui miment les malheurs mâle femelle dans le malaise ému des feux follets
Les mots les mots les mi les migraines les mi fa sol la si do les mots sont ma seule famille dors
Les mots les mauvais les mauvais mots les mauvais moments
Les ma les mariés les mariolles les marauds les marronniers ternes qui s’enflamment à l’automne de, de notre histoire

Histoire histoire de notre histoire
Histoire des soirs qu’on a noyés à boire
Histoire de tes seins qui t’ont poussé enfant avec leur forme de poire
Histoire du passé effacé formulé au futur imparfait
Histoire de tes parents que je me bouffe dans les gencives et du rien agressif ou pacifique que j’deviens quand j’me tiens devant tous ces gens si facilement lascifs devant cette femme qui ment
Histoire de tes jeux de sens qui bougent dans mes jouissances
Histoire de quand je flanche, histoire de quand tu fais la planche sur la mer et la merde blème de nos, de nos problèmes
Histoire de l’infini qui continue de te nuire quand pour finir je te dis, j’te dis qu’je suis parti laissant juste quelques mots

Des mots des mo-tards des mots tardivement dits tardivement tartinés, tartinés trop tôt pour se taire au trot au trop-plein des torts tarés de tes grands chevaux torturés par tes longs cheveux
les mots les mi les mats les mats des bateaux les mots de beauté les mots des les mots démodés des des des mots d’aimer
Des moteurs des mots pros plein de problèmes moteurs de mots rituels tirés à bout portant portant tout l’espoir contre eux-mêmes pour avoir voulu voir quand même où la lumière du noir nous mène
Des mots des murs écrits au jus de framboise des mures mûres des murs d’ardoise durs dans la durée des purs mémos d’ordure
Des mots d’ordre désordonnés dans les ors de ta robe
Des mares des marasmes des marées mal démarrées de nos orgasmes si marqués par l’image ravagée d’un mari mérité dans le marc de café
Des mots des mi des misères des mines d’or qui errent et des miracles raclés d’ores et déjà sur les bords de tes bras qui descendent dans des domaines de désir et de haine dont
Des mots dissidents vite dissipés déjà dits et donnés dans les dents disparaissent maintenant dans l’absence de silence des démos des émois de nos moi décadents.

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ES GEHT UM ES GEHT UM MEINE UM MEINE WORTE …
Es geht um es geht es geht
Es geht um diese Frau es geht darum
Wie es geht wenn man sieht wenn man begreift wie es geht es es es
Es geht darum, dass nicht mehr ist was war
Es geht um um meine alte Leier
Es geht darum zu herauszufinden, warum
Warum ich dir gefalle
Warum ich dir nicht gefalle
Es geht um Sabrina
Es geht um dich
Es geht um dieses feine und fiese Frösteln, das man lieber versteckt
Es geht, es geht, verdammt, es geht um
Es geht um diesen Durst am Anfang vom Ende
Es geht um deine Wangen in meinen Händen
Es geht um mein Auge, das auf die Finger tropft
Es geht um das A und das O und es geht auch ums Klo
Es geht um etwas Süßsaures, das mit Worten nicht weggespült werden kann

Worte sogenannt wohlbedachte Worte bedenkliche Worte wechselnde Worte unwandelbarer Wesen
Sanfte Worte, um dich zu bändigen, um dich einzufangen ohne ohne wirklich zu deinem Pfand zu gelangen
Hallo hallo ihr Worte mit A ihr Worte mit A ihr Adeverbien und Hilfsverben des Habens und Seins
Ihr Kunstworte Trauerkunstworte Schauerworte der lauen Orte oder Momente des Totseins und Totstellens wenn die Liebe zur Pforte für den großen Kater wird
Die großen Worte die kleinen Worte
Die magischen Worte
Die sanften Worte hingesagten Worte die verdammten zu schnell gesagten Worte die uns die Woche blockieren
Die Waden die lahmen Waden die schiefen Wangen deine vor lauter Mannweibmalheurs voll im Malstrom hängenden Wangen
Die Worte die doofen Worte die Do die Re die renitenten Migränen die Mi Fa So die so vielen Worte sind meine einzige Familie so doof
Die Worte die wüsten wüsten Worte all der wüsten Szenen
Die Ver- die Verheirateten die Verräter die Verrückten die brennenden Verse, die zu fassen versuchen, worum es geht bei dir und mir

Es geht es geht darum, ob es mit uns weitergeht
Es geht um die Abende, die wir versoffen haben
Es geht um deine Brüste, die dir schon als Kind birnenförmig wuchsen
Es geht um die verdrängte, ins Imperfekt verrutschte Vergangenheit
Es geht um deine Eltern, die ich am Hals habe, und um das Aggressivitätspotential einer Friedenstaube, zu der ich werde vor diesen Leuten,
die sich zur Sinnlichkeit verleiten lassen von dieser Frau, die lügt
Es geht um deine Sinnverdreher, die mich innen drin versehren
Es geht darum, dass wenn ich alles in die Tonne trete, du den toten Mann machst auf dem See dem blassen Schlamassel unserer, unserer Probleme
Es geht um die Unendlichkeit, die weiternagt, wenn ich dir endlich sag, endlich sag, dass ich weg bin und davor noch ein Wort

Ein Wort ein letztes Wort ein verletztes spät aber immerhin gestelzt zu hochgestelzt als dass man es im Schritt und Trott der stummen Dummen verschweigen könnte
des Mensch-ärgere-dich warum du so ehrgeizig bist
Ein Do-Wort ein Donner ein Mord ein Mordswort als Modewort verkleidet wie dieses Liebeswort
Ein Wort ein Fortsetzungswort voller Problemfortsätze die ihre Gewohnheitswortfolgen fortsetzen bis zum Todesstoß wo doch alle Hoffnung gegen sie spricht
weil sie nur sehen wollten wohin uns das schwarze Licht führt
Ein Wort ein Wall aus Schrift aus Brom aus leeren Brombeeren und all den anderen auf den Mauern deren Lehren der blaueren Erinnerung vor dem Müllberg stehen
Ein lose schwebendes Losungswort frei nach deiner Lebensart
Ein wogendes Meer von Spasmen fehlgeschlagenen verheerungsvollen Orgasmen im angekratzten Zeichen des starken Manns da im Kaffeesatz
Ein Do-Wort ein Wort voll Dornen und Zähne mit falschem Gold und Fatamorganen am Morgen der ahnungsvollen Umarmungen vor dem
Fort- und Untergang zwischen Hass und Lust darunter
Dieses eine Wort noch das schnell verwächst zwischen den Lippen und verschwindet im fehlenden Schweigen und Schreien und sich Aneinanderschmiegen
unserer dekadenten zwei Ichs.

NE PLUS RIEN DIRE EN –US

Hé toi là-bas, qu’est-ce t’as, j’te vois comme un rictus ?
j’sens qu’tu t’demandes un peu « c’est quoi c’t’olibrius ? »
Attends j’vais t’renseigner : voici mon prospectus
Que j’vais t’décrire en live, avec des rimes en -us
Tu vas pas y couper, à mon énième opus !
Ce sera doux et piquant comme une fleur de cactus
Je vais t’faire pleurer aux larmes y compris par l’anus
Et si t’en chie un peu ben… travaille ton tonus
Et pis si ça te plait pas ben, tu l’as vu mon médius ?
Nous dans le slam tu vois, on n’est pas des minus !

Allez j’me lance j’y vais, j’te commence mon laïus
Faut qu’je frime un peu moins, et qu’j’en dise un peu plus
Ça roule et c’est parti, hic, nunc, et mordicus
Alors j’te la raconte, voilà ben, chuis dans le bus
On file dans Marseille Nord, vers le marché aux puces
Le bus s’arrête et là, j’crois voir monter Vénus
Des bottes à ses tibias, gants à ses humérus
J’quitte l’orbite de la Terre, j’suis Mars sur Uranus
Suivez mon r’gard les gars, j’ai comme un stimulus !
c’est toute une explosion dans l’hypothalamus
j’ai comme un truc qui m’gonfle, ça doit êt’ mon prépuce
sa musique me réveille : mon cœur sonne l’angélus.

J’peux pas rester sans rien faire, faut qu’je trouve une astuce !
Elle cherche un siège mais moi, j’vais lui faire son blocus.
Alors j’me lève, j’approche, secret, tout comme… la mafia russe
J’lui parle de quoi, du ciel, des cumulo-nimbus ?
J’lui d’mande où elle se rend, elle taffe dans quel campus ?
Hé tu peux m’dire c’est quoi, tes coutumes et tes us ?
J’trouve rien, j’m’approche d’elle, et là… j’sens son mucus
Ça sent, ça sent… attends, c’est quoi le mot ? raaaa, c’est pas l’humus…
C’est, tu sais, le truc là… mais nan, pas l’essence de lotus…
Allez, aide-moi bordel ! Voilà, putain ! l’eucalyptus !!!
Faut qu’je lui dise, Je t’aime, t’es mon eucalyptus !
Putain d’sa mère, j’ose pas, chuis mûr comme un fœtus !
Et là le bus cahote, fait choir son roman russe
Elle se penche de côté… cherchant son papyrus…
Sa tête frôle mon bassin…
On dirait qu’elle me suce !!
Alors là elle me r’marque… Comme si j’avais l’typhus !
Et m’traite comme si j’étais l’plus dangereux des virus :
« J’te calcule pas ! » elle me dit, « sinus et cosinus
Faut qu’tu t’éloignes de moi, sinon j’appelle mon gusse ! »

« ça va c’est bon », j’réponds, « garde-le ton utérus…
J’t’ai pas dit en latin la taille de mon phallus
J’ai gardé mon contrôle, donc t’excite pas, ma puce »
Elle me rétorque, légère comme un diplodocus :
« T’as pas vu qu’entre nous y’aurait comme un hiatus
Tu peux t’brosser mon gars, j’crois qu’t’as fait trop d’lapsus
Dégage de al » e’m’dit, et là les gens r’prennent en chorus :
« T’es vraiment qu’un tocard, t’es galant comme Brutus !
T’as cru voir une bonnasse, ben le vlà ton bonus
On t’nique ton assurance, t’as droit qu’à un malus
Dehors et bas les pattes, maintenant tu sors du bus »
I’m jettent et j’atterris, craché comme un airbus
Sur le trottoir désert, parmi les détritus.
J’en ai l’souffle coupé, j’crois qu’je frôle l’infarctus
Chuis au bout du voyage, pour moi c’est l’terminus.
J’rent’ chez moi la queue basse, 69 rue Terrusse
Le seul truc qui m’étreint, eh ben c’est mon plexus
C’est clair que pour aimer, il eût fallu que je susse
Conjuguer un peu mieux, dialoguer un peu plus
Mettre un peu plus d’amour pur dans mes processus.
J’ai compris ma douleur, j’arrête les rimes en -us
J’arrête même de parler, quant à vous j’vous demande juste
de rien dire à personne hein, franchement, sérieux, sur tout ça, bouche cousue et… motus !

Quand j’écris sur l’écriture

Moi quand j’écris sur l’écriture
C’est clair, je rate aucune rature
C’est un rite jusque tard c’est sûr, et dur
Comme de sortir vivant d’un accident d’voiture
Moi quand j’écris sur l’écriture

L’écriture m’aime moi c’est dans sa nature
Elle m’adore et me donne des petits noms du genre enflure
Crevard, crétin, salaud, niais, nul, ordure
Elle me trouve terriblement classe, cool et pur
L’écriture m’aime moi c’est dans sa nature

Et moi aussi je l’aime quand je fends son armure
Quand je la chope par le cou et la donne en pâture
A mes lions policiers qui la suivent en filature
Et la coincent sans pitié contre le dernier mur
Oui j’aime la dévorer quand j’ai défoncé son armure

J’aime la laisser dévastée sur le sol froid et dur
La laisser étouffer et claquer son ossature obscure
L’attraper par le col arracher sa chevelure
En appelant au secours la chienne de grande culture
Sans passer par la télé télé télé littérature
J’aime la laisser dévastée sur le sol froid et dur

Petite Chine

Petite Chine lupestre, oursicole,
voitures françaises, fraises,
vieilles folles espagnoles.
Domaine du loup sauvage,
et ce lac à la nage ;
matin tartines de miel,
soir porc au caramel,
mandarines illettrées, Pyrénées.
(2003)

Imaginations concernant Natacha

1.
Il attend dans la nuit
Que se règlent les combats
de chats
Qui griffent et miaulent et filent comme des balles
Après s’être disputé les faveurs attachantes de
Natacha.

2.
Ses parents auraient très bien pu faire les malins
Et l’appeler Natachien.
Mais ils ont eu la bonne idée de ne pas faire les rats
Et ils l’ont appelée
Natacha.

3.
Au carrefour des deux routes je me tourne vers la gauche
Et je vois Natacha.
J’oblique à droite et juste après cent mètres je vois
Natacha.
Alors je fais marche arrière et… merde, t’es encore là ?
Natacha ?
Il n’y a qu’une solution pour me sortir de là !
Il faut que je ferme les yeux pour ne plus voir partout
Natacha !
Alors je ferme les yeux la bouche les oreilles et tout et tout et tout
Et dans le silence, le calme et la tranquillité qui se font en moi
Je ne sais plus rien, je ne sens plus rien, je ne vois plus rien
Que toi
Natacha.

Tes deux seins liés en avenue à ma bite

Tes deux seins liés en avenue à ma bite, j’en ai marre même de nous, j'aimerais que mon esprit jaillisse
Ma clope devient complètement folle pendant que tes paupières se plissent
Vivrons-nous dans la neige ou plutôt dans un loft au 61 bis,
Tes deux seins liés en avenue à ma bite, j’en ai marre même de nous, - vraiment, j'aimerais que mon esprit jaillisse

J'ai appris aujourd'hui que l'or, l'euro, et le pétrole au baril sont en hausse
Je finirai par comprendre que la réponse à ma non-question n'est ni vraie ni fausse
Je peux et je ne peux pas comprendre pourquoi parfois tu te trouves grosse
Ni si c'est lié au fait qu'aujourd'hui l'or, l'euro, et le pétrole au baril sont en hausse

Tu parcours la planète des yeux pour sauver notre race
Tandis que si tu m’ignores je crois c'est pour sauver la face
Au fond pour quelque chose comme toi et moi y’a jamais eu la place
Tu parcours la planète des yeux, bon dieu, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?

I don’t like my poems

I don’t like my poems
Written with rythms
Spoken with rhymes
In poor english.

My poems don’t like me
My best cata-strophe
Just thinks about me
That I’m foolish.

Poor non-english man
The poetry you love
Lives not with the germans
Es ist schrecklich.

Se montrer

Ceux qui peuvent essayent de se faire mousser
Utiliser la force utiliser la voix utiliser
La séduction l’humour l’argent n’importe quoi utiliser
L’autre. Il y a des gens que la moindre violence peut choquer.
Dans les camps de concentration élans de solidarité
Près de la place d’appel devant la buanderie se réunit le comité
De résistance antifasciste. Autrefois le Görlitzer Park était propriété
Entouré de 4 murs, de la dictature de l’égalité
Aujourd’hui les familles turques comme la jeunesse bohême dorée
Y batifolent en plein été, incroyablement sans se tuer.
C’est dire qu’il y a de l’espoir car toute chose à part moi
Se montre capable d’évoluer.

Pantoume franco-espagnol

Trois oiseaux dorment à plat ventre dans le soleil
mientras que la nieve del invierno se deshiela suavemente
répéter trois fois tout, et boire dans son sommeil
y todo ello lo hacen dulce y cálidamente
Trois oiseaux dorment à plat ventre dans le soleil

Se arremolinaba la arena en torno a su cuerpo desnudo
trois étoiles dans la tête, six nouveaux bras lui poussant dans le dos
la noche sobre ellos y la luna como único testigo
il pompait une nouvelle théorie des rapports matrimoniaux
Se arremolinaba la arena en torno a su cuerpo desnudo

J'aime les lapins, les plis, les spaghettis
Me gusta vino, cerveza y champán
J'ai été à Paris, Grand, Liffol-le-Petit
Y estaré en Cadiz, Murcia y Teherán
J'aime les lapins, les plis, les spaghettis

Caché

Dans le gouffre entre un temps et une éternité
Sous la couche d'eau lavée du lavabo bouché
Dans la fraîcheur d'une femme à la faveur de l'été
Dieu est caché

Dans le silence des champs et le chant décrié
Dans l'innocence perdue et la joie ravivée
Parmi les premières braises de leur dernier brasier
Dieu est caché

Dans le téléphone rose qui dit la vérité
Dans les yeux du ciel rouge sur la terre admirée
A force de se perdre après avoir cherché
La jeune fille crie "trouvé!"

Cos’ caress is a drug you can take by the skin

Cos’ caress is a drug you can take by the skin
Say hello with your chest and love me with your chin
Inspire a short breath expire deep and thin
In what you imagine I would like to be in
Cos’ caress is a drug you can take by the skin

This evening certainly won’t be the last
I don’t remember anything of the past
Ich hab’ein Freund, der ist ins Leben wie ein Gast
Un chien comme un paria attaché à sa caste

Je veux manger des cerises, des fleurs de cerisier
Ist die Stadt ein bischen wie ein ABCD ?
Walking alone on my way is away
Je veux manger des cerises, ou ne plus rien manger

Partout où tu n’es pas

A l’est de tes oreilles
A l’orient de ton nez
A la droite de marseille
Gauche de pékin et des
Enfants du paradis
Pas en Yougoslavie
Mais ni au Kamtchatka
A droite de tes orteils
A l’orient de tes bras

En bas de tes jarretelles
En haut de tes amants
Au sein de tes conseils
A deux doigts de tes dents
Au cœur de tes merveilles
Où se font tes enfants
Nulle part ici où ça ?
Partout où tu n’es pas

Who is this crocodile ?

She’s a woman, she’s a child
She has no legs, no breast, just a smile
I think she will stay here a bit more, for a while

She’s not a child, but a woman
With legs, and breast, and a man
(A friend who never thinks « she’ll be mine »)

She’s neither a woman, nor a child
Staring at me with her horrible eyes
I think she’s just a crocodile

Finland is hot

Finland is hot !
My girl has melt
The seal I had
Ate my blue hat
It doesn’t hurt
(I have no heart)
I don’t know but
With or without,
Butterfly cat
(She smells like plant !)
Was my project
Nothing but that
(It breaks my heart !)
I must accept
In a white skirt
The finnish myth
(It doesn’t hurt)
Smiles in the flat
Finishes hot

Die Frauen die Frauen die Frauen

Die Frauen die Frauen die Frauen
Improvisierte Musik und tanzen und singen
Für Frauen und Frauen und Frauen
Bücher lesen und Bücher schreiben
Nicht krank zu sein, wieder gesund werden
In einem Feuer schwimmen, in einen See brennen
Durch die Stadt sich treiben lassen
Mit Frauen und Frauen und Frauen
Ich glaub ich bin so totall betrunken

Liebeskrieg Verwundete

Liebeskrieg Verwundete
Küssen Küssen Küssen da !
Drei Vögel und ich sagte
Liebe Liebe Liebe ja !
Am anfang der Welt er dachte
der Schnee ist nass.
Dann ein blaue Himmel brachte
einer neuen Tag in einem neuen Glas

Anludo Navic
aka
Anna-Lou Dvic